Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • : Villeparisis - Histoire
  • : blog de la Société d'Histoire de Villeparisis - Association Villeparisis et son passé (77270)
  • Contact

 
 

Recherche

Musée d'Histoire-Villeparisis


Parc Honoré de Balzac

60 rue Jean Jaurès 

77270 VILLEPARISIS

 Ouverture tous les samedis matins

de 10h à 12h

et sur rendez-vous

  Entrée gratruite

 
 
 
 
30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 07:35

Témoignage d’une employée

 


 

Je suis arrivée à Villeparisis le 1er Mars 1927. J’avais 20 ans, et trois mois de mariage. Tout Villeparisis depuis la gare jusqu’au Centre Culturel n’était que des bois, il y avait juste la route de l’avenue de la Gare (si on pouvait appeler ça une route), il n’y avait pas de trottoirs ; il y avait également la rue Eugène Varlin qui était faite de gros pavés (d’où le nom de pavé de Mitry). Les gens ont commencé par acheter un petit lot de bois qu’ils ont défriché, ensuite ils ont pu construire des cabanes en bois. Ils y venaient le dimanche matin de très bonne heure, pour repartir le dimanche soir, car en ce temps là tout le monde travaillait le samedi toute la journée. Il n’y avait de l’électricité que dans le Vieux Pays, pas d’eau non plus, ni écoulement. Alors les gens creusèrent des puits. La gare de Villeparisis était une cabane en planches,  pas très grande.

   

Au Vieux Pays, le même bâtiment abritait la Mairie, la Poste et l’école ; J’ai demeuré deux ans au Vieux Pays, ensuite je suis venue habiter vers la gare.

 

Comme l’usine Lorilleux n’était pas loin, j’ai été embauchée par connaissance. Soutenue par la secrétaire du directeur, je suis rentrée comme coloriste à l’usine où plusieurs emplois étaient libres.

 

 

 

Les teintes arrivaient en poudre de couleur, des ouvriers mettaient de l’essence dans la couleur pour faire le mélange dans de gros rouleaux. Quand le mélange était fait, on passait au broyage où il faillait que chaque teinte passe trois fois dans les broyeuses pour écraser la poudre afin qu’il ne subsiste aucun grain. Il y avait trois ou quatre machines pour chaque coloris : les jaunes, les rouges et les blancs. Pour les noirs, il y avait un bâtiment à part, c’est là que l’on allait chercher la pâte que l’on mélangeait avec du vernis.

 

Le vernis se faisait également à l’usine Lory, c’était de grosses plaques comme de la colle, dure comme du bois ; les ouvriers mettaient à fondre ces plaques avec de l’essence puis remuaient le tout (comme une sauce) jusqu’à l’obtention d’une certaine épaisseur. C’était avec cette pâte que l’on faisait les couleurs.

 

Le métier de coloriste consistait à faire plusieurs teintes. Pour faire celle du modèle demandé, nous avions un morceau d’étoffe, un couvercle. C’était à nous de savoir débuter la teinte et de connaître les proportions, ensuite nous conservions précieusement la formule.

Par exemple, pour le gris nous commencions avec 500g de blanc, plus 10g de noir, plus 3 ou 4 fois de jaune et de rouge, mais si nous avions trop forcé sur le jaune, il fallait ajouter du rouge et du blanc (il fallait noter tout ce qui avait été mis dans les teintes).

 

Quand la teinte ainsi obtenue était acceptée, nous faisions l’addition de tous ces composants afin que le chef en calcul le prix de revient, car il y avait des teintes plus chères que d’autres (le blanc était moins cher que le noir ou le bleu, les teintes rouges étaient les plus chères). Quelque fois, il fallait plusieurs jours avant d’arriver à les mettre au point.

Les couleurs claires étaient plus faciles à obtenir que les couleurs foncées. Je refaisais ma teinte sur 10 kilos pour voir si cela correspondait bien. Après je donnais ma teinte à la tamiseuse car toute les peintures étaient tamisées avant d’être mises en bidons de 5 ou de 10 kilos selon la demande du client.

 

 

 

Les petites boites de 1/10 et de 1/20 et de 500g se faisaient à l’atelier de Melle Sophie. C’était des jeunes de 14 à 15 ans qui faisaient les mises en boite. Chez Melle Sophie, il y avait 2 dames pour la seconder car elle n’avait pas toujours la loi avec les jeunes ! Dans son atelier se faisait également l’étiquetage sur les bidons et les boites.

 

J’aimais bien mon métier car la journée passait très vite et il y avait une très bonne entente entre nous.

 

Je suis restée 13 ans chez Lory. La guerre est venue il n’y avait plus de matières premières ; l’usine a fermé. Il y avait environ 200 à 230 employés ; cela était bien pour un petit pays comme Villeparisis.

 

Source : Mme Beaumont

Villeparisis Souvenirs
CP: FG 

  

 Le site de l'usine Lory dans les années 70-80

Depuis octobre 2009, le site est devenu un centre commercial dans la zone d'activités Salengro

Partager cet article

Repost 0

commentaires