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Musée d'Histoire-Villeparisis


Parc Honoré de Balzac

60 rue Jean Jaurès 

77270 VILLEPARISIS

 Ouverture tous les samedis matins

de 10h à 12h

et sur rendez-vous

  Entrée gratruite

 
 
 
 
20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 03:45

Les dernières vendanges à Villeparisis

1988

 

Eh, oui ! Cela existe encore, il y a des vendanges à Villeparisis. Ne riez pas. J’ai cueilli et égrainé les grappes de raisin noir chez Monsieur et Madame Simonetti.

Naturellement ce n’est pas le Clos X ou le Château Y , mais bon an mal an, on y récolte environ 70 bouteilles d’un petit vin qui au goût des amateurs de bon vin de la Région Parisienne dont je tairai le nom, le traiteraient de « vulgaire piquette », mais, pour qui, au hasard des promenades, a pu goûter nos petits vins de pays, y retrouve le goût du vin naturel sans adjuvants de toutes sortes.

Après la surprise de la première gorgée, il laisse dans la bouche un petit goût de revenez-y. D’une couleur agréable d’un beau brun rouge, il est légèrement pétillant, il faut dire qu’au mois d’octobre, le vin (le vrai) travaille et c’était son cas. Son odeur vous chatouille agréablement les narines

 

Mais voyons maintenant comment nous transformons ces grappes en vin.

 

 

 

vendange 1

Après la cueillette et l’égrappage, Madame Simonetti broie les grains et met en jarre de grès le jus de raisin. Après 4 jours, cette bouillie est pressée et remise en jarre pour reposer 8 jours encore ; l’opération est reproduite 3 fois, soit 21 jours de fermentation.

 

 

vendange 2

 

 

Puis c’est la mise en bouteille. Ces dernières restent 2 mois environ dans son cellier en position verticale et bouchées. Après ce temps, elles sont couchées et l’on peut commencer à consommer.

Cette méthode artisanale de fabrication du vin a permis à quelques membres de « Villeparisis et son passé » de renouer avec le passé de notre commune, période où les guinguettes du Canal et les Auberges de la route nationale devaient servir à leurs clients les crus de la région.

 

  Monsieur Claude  LECLERC

Article paru dans le bulletin de liaison « Villepage » décembre 1988

   

vignes villeparisis

 

 

 Madame BERNAL ajoute dans le numéro 7 de « Villepage »  à propos de ces vendanges :

 

Ainsi se perpétue au centre de notre cité la culture de la vigne qui s’étendait autrefois sur les coteaux alentours de Villeparisis, Courtry et les environs. De ces récoltes on arrivait à produire une sorte de piquette, vin léger très faible en alcool appelé le « Guinguet » qui servait de boisson dans les estaminets et bals-musettes des bords de Marne. Il donna son nom de guinguette à ces établissements.

 

 

CP: F.G 

Photos: Musée de l'histoire de Villeparisis

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 07:42

«  Les épreuves de cet examen se déroulaient à Claye-Souilly, le chef-lieu de canton. Le matin, c’était l’écrit et l’après-midi, l’oral pour ceux reçus aux premières épreuves. J’ai retrouvé une partie des épreuves que mes camarades et moi avons subies à l’écrit en juillet 1932.


Voici d’abord l’énoncé des 2 problèmes d’arithmétique :

-Les 2/3 d’une propriété sont plantés en froment, le ¼ en vigne et le reste en pommes de terre. La 2ème parcelle surpasse la 3ème de 2,1 hectares .Quelle est l’étendue totale de la propriété ? Quelle est l’étendue de chaque parcelle ?

 

-Les enfants d’une école ont cueilli 32kgs de fleurs médicinales vertes qu’ils font sècher et vendent ensuite11,25F le kilo. Etant donné que la dessication a fait perdre aux fleurs 75% de leur poids, quelle somme recevront les écoliers et combien de livres à 5,50F pourront-ils se procurer pour enrichir leur bibliothèque ?

 

Quant à la composition française, il s’agissait de raconter la conversation entre un chat qui vient de voler une côtelette et un chien qui voudrait en profiter, mais est attaché. Voici la copie exacte du brouillon que j’avais conservé :

 

-« Oh ! la bonne odeur ! » dit Minet en entrant dans la cuisine. Il cherche partout et voit sur la table, posée dans une assiette, une côtelette toute fumante. Vite, il saute sur la table, prend le butin convoité et d’un bond arrive dans la cour. Elle est plantée d’arbres. Le gourmand de peur d’être attrapé, monte sur un arbre pour manger sa proie. Mais Médor qui a vu cela, s’attriste en pensant qu’il est attaché et par conséquent n’aura rien à manger .Il appelle Minet : « Hé ! Minet ! apporte–moi donc un bout de ta côtelette, tu sais bien que nous sommes toujours amis. » Mais Minet est aussi malin que gourmand. Il ne porte rien à Médor et se dit : « Il est bien trop gourmand ! Pensez donc l’autre jour, il avait un bon déjeuner : des pommes de terre et de la soupe. Et à moi ,Minet, il ne m’a rien donné. Et bien, je ferai pareil ».

Tout en disant cela, Minet mangeait ? De la côtelette, il ne restait plus que les os. La cuisinière qui était revenue était restée stupéfaite. « Comment, disait-elle, où est ma côtelette ?C’est encore ce Minet qui me l’a mangée. Attends un peu, mon vieux ! »

Minet en rentrant le soir fut battu et il n’eut pas à manger. Il l’avait bien mérité. »

 

 

Cette année-là, la distribution des prix  eut lieu dans le préau des nouvelles écoles Anatole France et Séverine. Au cours de la cérémonie présidée par le maire, Marcel Leconte, et con conseil municipal, les lauréats du certificat d’études reçurent le tome unique de l’encyclopédie « Tout en un » de chez Hachette, en plus d’un énorme livre des éditions Paul Duval à Elbeuf.

 

Source :Villeparisis Jadis et Naguère de Jacques Lime                                                                                

 

 

vvvvvvvvvvvvv

 

Le certificat d'études primaires 
 

C'est le 20 août 1866 que sous l'impulsion de Victor Duruy, une circulaire met en place un certificat d'études primaires.

 

En 1882, le Certificat d'études primaires est institué par la loi Jules Ferry du 28 mars 1882. Par cette loi, l'instruction primaire devient obligatoire de 6 à 13 ans.

 

Il a été officiellement supprimé en 1989.

 

Exemples d'exercices (1959)

  • Une parente âgée vous a prêté un beau livre auquel elle tient beaucoup en vous recommandant d'en prendre le plus grand soin. Hélas, le livre a été abîmé ou sali ou perdu. Votre maman exige que vous écriviez une lettre d'excuses.

Rédigez-la. (Ne pas signer)

  • L'alcool nourrit. Que pensez vous de cette affirmation ?
  • Situez deux grandes villes de l'A.O.F (Afrique occidentale française) et de l'A.E.F. (Afrique équatoriale française).
  • Comment soigne-t-on une vache malade ?
  • Montrez l'utilité de la gymnastique.
  • Dites comment vous procédez pour enlever une tache de graisse sur un vêtement de lainage ? (filles rurales).
  • Que doit-on donner à un bébé en complément, lorsqu'on pratique l'allaitement artificiel ? (filles urbaines).
  • Dites comment vous procédez pour régler un trusquin (garçons ruraux).

Quels sont les avantages du chauffage à gaz ? (garçons urbains)


 

Quelques « perles » du CEP :

(Session de juin 1973Sujet de sciences )

1° Les accidents de la circulation sont de plus en plus nombreux. Quelles précautions doit-on prendre pour en réduire le nombre et la gravité
2° En cas d’accident que faire 

a)     à l’égard des blessés

b)    envers les autres usagers de la route

Réponses:

-         Il faut baisser les vitesses

-         On ne doit pas dépasser le 90° pour les boissons

-         Il faut boire une dose d’alcool respectable

-         Il faut respecter les panneaux de mort

-         S’assurer qu’on ne dort pas avant de partir...............

En 1995, une évaluation entre des copies d’élèves du certificat d’études de 1925 et des élèves de même niveau scolaire de 1995 à qui on a fait passer les mêmes épreuves, montre que les élèves de 1995 sont globalement moins performant en orthographe et en calcul et ont des compétences équivalentes voire meilleures en rédaction.

Source : Bulletin de liaison du club des  retraités MGEN


Un diplôme d'autrefois

Certificat d'étude de Papi

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 07:04

Témoignage d’un villeparisien né en 1930 sur ses années d’école à Anatole France


Témoignage de Monsieur Robert Emmanuel, natif de Villeparisis en 1930, sur ses années d’école à Anatole France (témoignage recueilli et rédigé par Aline Buffet, publié dans le bulletin de liaison numéro 36 de la Société d’histoire « Villeparisis et son passé)



«  Je crois revoir les blouses grises, les chaussures noires à lacets, et lorsque je fus dans la cour de l’école pour ma première rentrée scolaire, je me rappelle mon interrogation sur ce que pouvaient bien être ces plaques d’ardoises dressées à 50cm les unes des autres, qui s’avérèrent être des urinoirs…

Je me remémore les rentrées scolaires dans les petites classes. Le premier jour, la maîtresse sortait tout le matériel qui allait nous être distribué : une belle ardoise, avec son crayon, la règle, quelques cahiers, les buvards et, comble de bonheur, les livres… »

…  Là nous découvrions tout ce qui allait nous être inculqué durant l’année à venir. C’était le livre pour apprendre les mots et les phrases de base, un peu plus élaborés suivant le niveau   ; La géographie avec des pays dont les frontières et parfois les noms ont changé depuis, le livre d’histoire de France : les Gaulois, les rois, les guerres ; l’arithmétique et le commencement des prises de tête pour compter les œufs, les kilos,les mètres carrés, les volumes, les bénéfices…avec aussi les robinets qui coulent et les bassins qui percent leur eau, les trains qui se croisent, etc…Il y avait aussi sûrement un livre de Morale qui serait fort utile dans nos années présentes

Enfin, avec tout ce bagage glissé comme il se doit dans un cartable neuf, nous rentrions tous, le soir, fiers de montrer à nos parents ce beau matériel dont nous étions maintenant les possesseurs….

 

Ma première institutrice fut Madame Parcolet ave qui j’appris les premiers rudiments de lecture, ensuite, ce furent Melle Petit, M.Delamour, M.Chassier ; M.Leclerc et d’autres dont j’ai perdu le nom. Nous étions toujours au moins une trentaine par classe.  

Si on travaillait bien, les bons points récompensaient les efforts fournis et lorsqu’on disposait de 10 bons points, on avait droit à une image qu’on rapportait, tout fier, pour la montrer à papa et maman. En contrepartie, le  mauvais élève allait au coin pour un certain temps, nez au mur et mains dans le dos ou sur la tête,avec quelquefois une petite tape sur les mollets avec la règle du maître.

Lorsque toute la classe avait été sage, on avait droit à écouter la lecture que nous faisait le maître  relatant  des histoires merveilleuses qui nous captivaient…..

A la récréation, nous jouions, selon les ages, à chat perché, aux gendarmes et aux voleurs, ou bien aux noms de métiers. Les maîtres  surveillaient, sifflant pour signaler que les jeux  dangereux devaient cesser. Un roulement prolongé indiquait la fin de la récréation ; devant chaque classe, les élèves se rangeaient sur 2 colonnes, bras sur l’épaule du précédant pour parfaire l’alignement. Dans un calme presque parfait, on rentrait en classe.

Le soir, après les cours, venait Madame Garriot qui, pendant des années fit le ménage dans les classes….. 

 

De temps à autre, pour quelques francs (anciens), des troupes passaient pour une séance de Guignol ou montraient des animaux. Nous avions aussi le cinéma. Tout au début , les images étaient fixes et muettes ; plus tard, on nous projeta des films actifs mais tout aussi muets. Nous allions, plusieurs classes ensemble, assister à ces séances qui devaient être mensuelles. Une fois en 1937, je crois, tous les élèves sont allés coir le film Blanche-Neige au cinéma du Colisée, dessin animé qui, à l’époque, avait fait beaucoup de tapage. 

 Je quittai Anatole France vers 1941 car il n’y avait pas de cours complémentaire à Villeparisis. Nous devions aller à Sevran en prenant le train matin et soir, nous emportions la gamelle et déjeunions dans les cafés habitués à recevoir les élèves pour le repas de midi…. »





Anatole France 3

1955 - Classe de Monsieur Barreau

 

 

Anatole France 4
CEG Anatole France, on reconnaît au premier rang au milieu François Gagnepain,
Président de la Société d'Histoire "Villeparisis et son Passé"



En octobre 1948, M Legrand, après avoir surmonté de nombreuses difficultés (convaincre l’inspection académique, constituer l’encadrement pédagogique, disposer de locaux), ouvrit le cours complémentaire. (dans les locaux d’Anatole France)
M.Robbe prit la classe de C.E.P., M.Hérault se chargea de l’enseignement du français et de l’anglais, M.Legrand, des maths, des sciences et de l’histoire-géographie.

La  première classe de  6ème était constituée d’élèves d’Anatole France, des filles de Madame Saulnier, d’une élève de Mitry et d’un garçon de Claye.

Deux jeunes professeurs furent nommés : M.Barreau pour les maths et sciences et Melle Cunin pour le français et l’anglais. En juillet 1984, Melle Cunin devint Mme Barreau. M.Barreau resta à Villeparisis au cours complémentaire, puis au Collège Gérard Philipe où il termina sa carrière, de même pour M.Robbe.


1952 : examen du BEPC pour la première fois : toute la classe a été reçue :

Andrée Cauquil, Solange Ducron, Simone Stable, Paulette Tonne, Claudine Weytens , Claude Andriot, Jacques Denoel, Max Dumontet, Maurice Rose.
Seule l’école Anatole France en Seine et Marne avait obtenu ce sans faute !!

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 07:35

Témoignage d’une employée

 


 

Je suis arrivée à Villeparisis le 1er Mars 1927. J’avais 20 ans, et trois mois de mariage. Tout Villeparisis depuis la gare jusqu’au Centre Culturel n’était que des bois, il y avait juste la route de l’avenue de la Gare (si on pouvait appeler ça une route), il n’y avait pas de trottoirs ; il y avait également la rue Eugène Varlin qui était faite de gros pavés (d’où le nom de pavé de Mitry). Les gens ont commencé par acheter un petit lot de bois qu’ils ont défriché, ensuite ils ont pu construire des cabanes en bois. Ils y venaient le dimanche matin de très bonne heure, pour repartir le dimanche soir, car en ce temps là tout le monde travaillait le samedi toute la journée. Il n’y avait de l’électricité que dans le Vieux Pays, pas d’eau non plus, ni écoulement. Alors les gens creusèrent des puits. La gare de Villeparisis était une cabane en planches,  pas très grande.

   

Au Vieux Pays, le même bâtiment abritait la Mairie, la Poste et l’école ; J’ai demeuré deux ans au Vieux Pays, ensuite je suis venue habiter vers la gare.

 

Comme l’usine Lorilleux n’était pas loin, j’ai été embauchée par connaissance. Soutenue par la secrétaire du directeur, je suis rentrée comme coloriste à l’usine où plusieurs emplois étaient libres.

 

 

 

Les teintes arrivaient en poudre de couleur, des ouvriers mettaient de l’essence dans la couleur pour faire le mélange dans de gros rouleaux. Quand le mélange était fait, on passait au broyage où il faillait que chaque teinte passe trois fois dans les broyeuses pour écraser la poudre afin qu’il ne subsiste aucun grain. Il y avait trois ou quatre machines pour chaque coloris : les jaunes, les rouges et les blancs. Pour les noirs, il y avait un bâtiment à part, c’est là que l’on allait chercher la pâte que l’on mélangeait avec du vernis.

 

Le vernis se faisait également à l’usine Lory, c’était de grosses plaques comme de la colle, dure comme du bois ; les ouvriers mettaient à fondre ces plaques avec de l’essence puis remuaient le tout (comme une sauce) jusqu’à l’obtention d’une certaine épaisseur. C’était avec cette pâte que l’on faisait les couleurs.

 

Le métier de coloriste consistait à faire plusieurs teintes. Pour faire celle du modèle demandé, nous avions un morceau d’étoffe, un couvercle. C’était à nous de savoir débuter la teinte et de connaître les proportions, ensuite nous conservions précieusement la formule.

Par exemple, pour le gris nous commencions avec 500g de blanc, plus 10g de noir, plus 3 ou 4 fois de jaune et de rouge, mais si nous avions trop forcé sur le jaune, il fallait ajouter du rouge et du blanc (il fallait noter tout ce qui avait été mis dans les teintes).

 

Quand la teinte ainsi obtenue était acceptée, nous faisions l’addition de tous ces composants afin que le chef en calcul le prix de revient, car il y avait des teintes plus chères que d’autres (le blanc était moins cher que le noir ou le bleu, les teintes rouges étaient les plus chères). Quelque fois, il fallait plusieurs jours avant d’arriver à les mettre au point.

Les couleurs claires étaient plus faciles à obtenir que les couleurs foncées. Je refaisais ma teinte sur 10 kilos pour voir si cela correspondait bien. Après je donnais ma teinte à la tamiseuse car toute les peintures étaient tamisées avant d’être mises en bidons de 5 ou de 10 kilos selon la demande du client.

 

 

 

Les petites boites de 1/10 et de 1/20 et de 500g se faisaient à l’atelier de Melle Sophie. C’était des jeunes de 14 à 15 ans qui faisaient les mises en boite. Chez Melle Sophie, il y avait 2 dames pour la seconder car elle n’avait pas toujours la loi avec les jeunes ! Dans son atelier se faisait également l’étiquetage sur les bidons et les boites.

 

J’aimais bien mon métier car la journée passait très vite et il y avait une très bonne entente entre nous.

 

Je suis restée 13 ans chez Lory. La guerre est venue il n’y avait plus de matières premières ; l’usine a fermé. Il y avait environ 200 à 230 employés ; cela était bien pour un petit pays comme Villeparisis.

 

Source : Mme Beaumont

Villeparisis Souvenirs
CP: FG 

  

 Le site de l'usine Lory dans les années 70-80

Depuis octobre 2009, le site est devenu un centre commercial dans la zone d'activités Salengro

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 07:36

Suite de la lettre de Monsieur Pottier

Les rues n’étaient pas éclairées et l’hiver nous étions dans le noir le plus complet à compter de 16 heures, ce qui obligeait les gens de s’éclairer soit par bougies, soit par des lampes Tito Landy, c'est-à-dire au pétrole.

Ces appareils, de temps en temps, tombaient en panne et ils étaient remplacés par la bougie, toujours sur la table.

En ce qui concerne les rues menant aux grandes artères, elles étaient dans un état de saleté. Qui s’aventurait dans celles-ci était impossible d’y mettre les pieds sans revenir les pantalons tâchés (surtout après un orage), de la boue jusqu’à 20 à 25 centimètres, il fallait bien traverser ce bourbier, surtout ceux qui avaient pavillon au bout de leur rue.

Ce qui donne le nom de bouseux à ceux habitant dans ce lotissement.

Ce nom de bouseux repris par le Vieux Pays servait à la récréation pour créer deux équipes pour jouer aux barres (jeu en 1924), où ils étaient choisis par le plus âgé de la Classe des Anciens pour former les membres des deux équipes de 6.

Nous faisions des tours de la cour de la Mairie autour des arbres et comme ceux du Vieux Pays gagnaient 8 fois sur 10, nous étions les souffre-douleur des gagnants et rentrions au coup de sifflet du Père Dacine.

Malgré tout, en ce qui me concerne, j’ai toujours conservé un bon souvenir de cette période.

J’étais d’ailleurs un enfant très timide, aimé de mes autres camarades.

Hélas ! J’ai perdu ceux-ci, les uns après les autres.

Combien en reste maintenant.

Je veux parler de ma chère épouse qui a été mon amie écolière à l’âge de 8 ans et qui à l’âge de 24 ans a bien voulu m’accepter comme époux.

Elle habitait rue de Verdun, et nous étions déjà amoureux l’un de l’autre en classe.

Nous avons eu 8 enfants, 5 garçons et 3 filles.

J’ai été 58 mois prisonnier de guerre du 21/06/1940 au 20/04/45 en Allemagne, et à mon retour, mes camarades Prisonniers de Guerre de la Commune m’ont élu Président à l’unanimité de 147 voix et cela pendant 5 ans.

J’ai même représenté la Commune auprès du Comité de Seine et Marne les trois dernières années, abandonnant pour raison de famille.

Hélas ! Mon épouse adorée m’a quitté en 1995, morte d’un cancer généralisé.

Mon fils aîné, Pierre dit Pierrot s’occupe depuis 32 ans du Club de Hand-ball de la Commune, après avoir été joueur de l’équipe B.

Monsieur POTTIER Georges

32, rue Lavoisier

Villeparisis

 

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 07:22

Lettre de Monsieur Georges Pottier rappelant ses souvenirs de Villeparisien envoyée au maire de Villeparisis et transmise à la Société d’Histoire « Villeparisis et son passé »


Etant très agé (92 ans), je vous demande si la Commune veut bien faire connaitre aux habitants de Villeparisis quelques souvenirs de ce qu'était celle-ci dans la période du 20/10/ 1920 à l'année 1930(.....) je serai heureux et satisfait d'avoir donné, par mon souvenir, une idée réelle de ce que fut en son temps la vie des anciens.

Comme ancien habitant de notre commune, arrivé le 21 octobre 1920 avec mes parents, nés en 1887 dans le Nord.

Mon père, comme ancien Combattant blessé gravement, il obtient en 1919/1920 un prêt de la France, et avec sa pension, il put donc acheter un terrain de 450 mètres sur lequel il fit construire sa maison qui était située 195 Avenue Eugène Varlin (cour rue de la Marne), face au charbonnier.

Au début de notre arrivée, ce marchand de charbon avait comme affichage un gros coq blanc et il portait cet emblème par le fait que les deux propriétaires associés avaient des noms bien de chez nous, l’un était Monsieur Lecoq, et l’autre Français.

Ce coq blanc avait une crête Rouge vif qui se voyait vers le marché, soit 250 mètres.

 

Dans l’avenue Eugène Varlin, il n’y avait que trois maisons de même style, et actuellement, ne restent que deux maisons debout, l’une au coin de la rue du Maréchal Joffre, et l’autre face à la rue des Abeilles, et qui avait comme propriétaire Monsieur Vermeulen (décédé).

Par la suite ce sont d’autres maisons qui sont venues s’ajouter à ces trois propriétaires, de nombreux parisiens venant y faire construire leur domicile.

 

De 1921 à 1927 Villeparisis ressemblait à une très petite bourgade répondant au nom de Lotissement.

Il n’y avait que des forêts de chênes, bouleaux, hêtres, et même des noisetiers bien fournis.

Dans ces forêts situées (surtout rue de la Marne et rue des Chênes), nous avions des écureuils, des chats sauvages, et surtout de nombreuses vipères, et heureusement beaucoup de jacinthes et du muguet de forêt très embaumé.

 

Sur les bas côtés de l’Avenue Eugène Varlin il y avait des fossés très profonds (2 mètres de profondeur et en largeur 4 à 5 mètres).

 

Il y avait sur le bord de l’avenue, sur un seul côté (celui de droite vers la gare et le marché non couvert), situé actuellement au numéro 124/126.

 

Ces arbres (chênes) furent découpés par la scierie de Claye-Souilly et servirent à faire des planches pour construire les maisons (surtout dans les rues transversales) qui furent vendues par Monsieur Cournon qui se fit une grosse fortune sur la misère des pauvres gens n’ayant pas la possibilité de faire bâtir du dur.

 

Je veux maintenant donner quelques souvenirs sur mon passé, étant enfant (ma sœur Christiane et moi), allions tous deux à l’Ecole du Vieux Pays, à la Mairie, et pour gagner la rue (actuellement rue Charles de Gaulle), et qui avait le nom de rue de la Gare, nous étions obligés de prendre la rue des Chênes et il fallait sauter les fossés et mon père nous avait confectionné un faux pont de bois et une petite allée de 40 centimètres de largeur pour rejoindre la rue de la Gare via le Vieux Pays.

Sur la rue de la Gare il y avait très peu de maisons.

 

Sur la Place Henri Barbusse (Monument aux Morts), il y avait une grange à blé et seigle qui par la suite fut transformée en un bâtiment de réserve de colis pour les personnes âgées.

Plus loin, à 100 mètres, il y avait 4 peupliers et un emplacement réservé aux Forains et Nomades de passage, cet emplacement appartenait à la commune.

A partir de ces 4 peupliers, de chaque côté de la rue de la gare, il y avait à perte de vue des champs de blé et de seigle des deux côtés de la rue à droite vers la rue Nationale, et de l’autre direction Claye-Souilly, cela sans habitation.

 

 

Par la suite, la rue fut peuplée de maisons vers 1927/1930.

Il y avait un café (salle de réunions pour les Associations politiques, Siège local des Anciens Combattants (ARAC), maintenant magasin de vente Renault).

Plus loin, il y avait un Bal très fréquenté (par moments les dimanches), il était préférable de passer rapidement devant cette salle de bal, à cause des disputes entre mauvais garçons.

Enfin, rien ne change vraiment.

 

Prenons le départ de la rue de la Gare via Vieux Pays (rue Jean Jaurès), au départ il y avait un emplacement qui faisait le désespoir des parents, parce que à cet endroit se trouvait un dévidoir officiel des ordures municipales versées chaque semaine à cet endroit, et cela plaisait beaucoup aux enfants du coin.

Il fallait voir dans quel état ils rentraient le soir au domicile au grand dam de leurs parents.

 

Ce tas de détritus se trouvait à l’endroit actuel de la boutique anciennement Frémont et le Crédit Lyonnais.

Les odeurs arrivaient jusqu’au domicile de mes parents situé au coin de la rue de la Marne, ce qui faisait qu’en été il était impossible d’ouvrir les fenêtres.

 

Dans nos classes nous étions 36 élèves en trois divisions de 12, et cela dans toutes les classes.

Quelquefois, les instituteurs et institutrices donnaient des devoirs supplémentaires aux meilleurs (2 ou 3 par semaine) de chaque division, et cela jusqu’à l’âge de 12 ans.

Et là, chaque année, il y avait les 12 Meilleurs de la Commune pour passer en fin juin, le CEP (Certificat d’Etudes Primaires).

 

Pour ce qui concerne le ravitaillement du lotissement, nous avions des commerçants de Vaujours qui, deux fois par semaine passaient avec des voitures tirées par des chevaux et prenaient les listes de ceux qui voulaient être livrés une seconde fois, et même quelquefois, une autre fois pour ceux qui se trouvaient sans munitions alimentaires.

Heureusement, nous avions 2 bouchers dans la commune, l’un au Vieux Pays, et l’autre au 157 rue Eugène Varlin.

   

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 07:06

DANS LE «  BLED » DE BANLIEUE

 

Le pire dans le pire

Rien n’égale la région de Villeparisis

 

Par Huguette Godin (publié dans le bulletin n°33 de « Villeparisis et son passé »  en 2002)

 

 

Des trois routes, je choisis l’avenue de la Gare, pour un motif intéressé : les planches par où l’on y accède me semblent les moins vermoulues. Et, tout de suite, je suis dans l’étrange cité…

En somme, dans les bois. De larges voies rectilignes se coupent à angle droit, taillées à même l’herbe et les fourrés. De chaque côté, les minuscules « propriétés » des Villeparisiens sont de simples morceaux de la forêt, enclos d’une simple haie. Les souches demeurées dans les terrains où, pour donner un peu d’air, des arbres ont été abattus, sont plus grosses que les maisonnettes. J’ai vu une femme couverte de sueur s’escrimer, avec une mauvaise pioche, après l’une d’elles, qui obstruait tout son jardin et l’empêchait de planter trois choux et six carottes.

 

Ni route, ni égouts, ni eau, ni gaz, ni électricité. Il y a dans cet état, 128 rues toutes longues, toutes plus ou moins habitées. Il en est, que voitures de déménagement ou charrois de bûcherons qui les ont transformées en fondrières, en coulée de boue ; il en est d’autres, où la mousse, l’herbe, les fraisiers sauvages recouvrent le sol raviné et boueux.

Il y a d’autres mares au milieu des voies ; soudain des ronces me griffent au passage. L’étrange impression que me fait cette agglomération s’accroît à cause du silence.. Tous les habitants sont partis travailler et ne rentreront qu’à la nuit close, dans ces rues où j’ai peine à marcher en plein midi..

Chez le marchand de tabac qui est près de la voie, j’ai vu dans une armoire étudiée pour, les innombrables sabots qu’il leur faut chausser matin et soir, pour faire le trajet de leur demeure à la gare.


 

De temps en temps, une plaque indicatrice lettres blanches/émail bleu éclate : rue Alfred de Musset, avenue Diderot, boulevard Saint-Denis  (on y accède au dessus d’un fossé par une vieille planche pourrie), avenue Balzac qui se trouve dans le clos des Auvergnats.

Je m’étais un peu égaré au fond d’une espèce de gorge broussailleuse, terminée en cul de sac dans le sous-bois marécageux….

C’était…un des fameux écriteaux en faisait foi…la rue Pierre Loti.

Une habitante à sa fenêtre me regardait patauger….Nous causâmes.

C’était VILLEPARISIS en février 1927.







CP:FG

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 07:03

DANS LE «  BLED » DE BANLIEUE

 

Le pire dans le pire

Rien n’égale la région de Villeparisis

 

Par Huguette Godin (publié dans le bulletin n°33 de « Villeparisis et son passé »  en 2002)

 

Oui !Villeparisis, et tous les pays qui l’entourent, Mitry-Mory, Claye-Souilly, Tremblay, frappent d’étonnement l’enquêteur, qui pouvait croire avoir tout vu . O présomption !

Imaginez qu’une ville, ou qu’un quartier de Paris a été détruit par un cataclysme. Les habitants ont pu s’enfuir. Une route s’offrait à eux, ils l’ont suivie aveuglément. Puis, leur premier affolement passé, ils se sont arrêtés au milieu des bois. Et ils ont fondé, en quelques jours, une espèce de cité sauvage, une ville dans la brousse, un campement à l’américaine……

Ce campement, vous le visitez en visitant Villeparisis.



La gare est à Mitry-Mory. Bonne vieille petite gare, qui sent bon la campagne, et qui baigne dans le grand silence des champs, à l’heure où je débarque. Mais de quelles émeutes n’est-elle pas, deux fois par jour, le théâtre, quand tous les habitants des trois ou quatre pays qu’elle est seule à desservir se pressent à son unique guichet, à son étroit portillon !

Y aurait-il la fête ? Place de la Gare, des mâts se dressent, de vastes banderoles de calicot se déploient. Je les contourne, pour lire :

MAL-LOTIS !

DEMAIN, GRAND MEETING

DE PROTESTATION !

 

 

Tout autour insolemment multipliés, des écriteaux : Lotissement.. Lotissement..Lotissement.

 

La voie et le canal de l’Ourcq traversés, je suis dans Villeparisis. A des femmes qui passent, je vais demander de m’indiquer «  les lotissements »…Mais c’est inutile, les voilà.

 

Trois routes plus ou moins pavées s’épanouissent en éventail.  Et leur triple perspective me montre, à perte de vue, ce que je venais chercher. Je n’ai, pour me perdre, à mon choix, dans le « Val du Muguet », dans « les Cyclamens » ou dans les « Bois de l’Arneuse », qu’à traverser la place, vaste cuvette de fange, pour grimper sur un petit chemin de planches où l’on ne tient pas deux de front et qui, perché sur de vieilles poutres, me semble destiné à servir

De trottoir…

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 07:44

 

SOUVENIR DU 17 AVRIL 1942

 





Plaque commémorative devant le Musée d’Histoire Locale

Parc Honoré de Balzac

Villeparisis

 

Cette plaque a été inaugurée le 27 avril 2003 par Monsieur Hennequin, maire de Villeparisis en hommage à deux Villeparisiens morts en camp de déportation et à un Villeparisien fusillé le 17 avril 1942 au Mont Valérien. Cette plaque remplace une plaque installée initialement place Henri Barbusse apposée sur un arbre ramené du camp de Mauthausen par le fils de Monsieur Julien  Delespinay ; cet arbre fut gravement endommagé par la tempête du 26 décembre 1999 et n’existe plus aujourd’hui.

 


Monsieur Julien Delespinay

Il a été arrêté le 8 octobre 1941 pour faits de résistance à l’ennemi. Chargé de la distribution de tracts appelant à la résistance, il fut le seul de son groupe à être arrêté. Du 8 octobre 1941 au 22 mars 1944, il fut emprisonné successivement à la prison de Meaux, à la prison de la Santé à Paris, à celle de Fresnes puis à Caen, Fontevrault, Blois et Compiègne.

En mars 1944, il fut déporté au camp de Mauthausen où il resta jusqu’en décembre 1944, date à laquelle il fut déporté à Auschwitz. Il mourut le 18 ou 19 janvier 1945.

Monsieur Gabriel Rey
Il fut également résistant de la première heure. Arrêté, il fut emprisonné et déporté dans le camp d’Auschwitz où il mourut en 1941.


Monsieur Guisco Spartaco


 

 

René Spartaco Guisco dit Spartaco, né en Italie en 1911. Ses parents se sont réfugiés en France en 1921, et ont été naturalisés français en 1932. La famille Guisco s’est installée  à Villeparisis, avec ses quatre enfants. Guisco Spartaco faisait partie des francs-tireurs qui effectuaient des reconnaissances avec le groupe de Fabien aux environs de Nantes. Suite à l’exécution d’un groupe de jeunes Français par les Allemands, Guisco Spartaco avec son groupe de résistants, en guise de représailles captura un gradé allemand Karl Hotz dans un hôtel de Nantes avant de le fusiller sur une des places de la ville. Cet attentat déclencha la fusillade d’otages à Chateaubriant le 21 octobre 1941 (parmi lesquels Guy Moquet). Monsieur Guisco Spartaco fut arrêté, jugé à la Maison de la Chimie et fusillé au Mont Valérien le 17 avril 1942.

 

  

Sources: http://www.resistance.ftpf.net/chimie/pages/guiscospartaco.html
Villeparisis et son histoire 

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