blog de la Société d'Histoire de Villeparisis - Association Villeparisis et son passé (77270)
Par villepage
Balzac et Mme de Berny à Villeparisis
LETTRES DE BALZAC A LAURE DE BERNY
Villeparisis,mars 1822
« Songez madame que loin de vous il existe un être dont l’âme par un admirable privilège franchit les distances, suit dans les airs un chemin idéal.
(…) La première fois que je vous vis mes sens furent émus. Vos quarante-cinq ans n’existent pas pour moi ou, si je les regarde, je les aperçois comme une preuve de ma passion. Ainsi votre âge, qui vous rendrait ridicule à mes yeux si vraiment je ne vous aimais pas, est au contraire un lien, une chose piquante qui par sa bizarrerie et son contraste avec les idées ordinaires, attache. C’est moi qui suis seul le juge de votre beauté. (…)
Maison de la famille Balzac à Villeparisis
Laure de Berny tentera de résister, mais un soir, début mai 1822, elle finira par céder à cette passion. Il lui écrira encore :
« O Laure,
C’est au milieu d’une nuit pleine de toi, au sein de son silence, et poursuivi par le souvenir de tes baisers délirants que je t’écris. Et quelle idée puis-je avoir, tu les a tout emportées, oui mon âme toute entière s’est attachée à la tienne et tu ne marcheras désormais qu’avec moi.
O, je suis environné d’un prestige tendrement enchanteur et magique ; je ne vois que le banc je ne sens que ta douce pression, et les fleurs qui sont devant moi toutes desséchées qu’elles soient, conservent une odeur enivrante.
Tu témoignes des craintes et les exprimes d’un ton déchirant pour mon cœur. Hélas, je suis sûr maintenant de ce que je jurai car tes baisers n’ont rien changé.
Je suis changé.
Je t’aime à la folie. »
maison des Berny à Villeparisis
A la mort de Madame de Berny, Balzac écrivit :
« J’ai été bien malheureux dans ma jeunesse ; mais Mme de Berny a tout soldé par un dévouement absolu qui n’a été compris dans son étendue infinie que quand la terre a eu repris sa proie ».
« La personne que j’ai perdue était plus qu’une mère, plus qu’une amie, plus que toute créature peut être pour une autre(…). Elle m’avait soutenu de parole, d’action, de dévouement pendant les grands orages. Si je vis, c’est par elle. Elle était tout pour moi. »
Le banc dans le jardin de Mme de Berny mentionné par Balzac
Source : La Touraine de Balzac d’Albert Arrault
u contraire un
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog