blog de la Société d'Histoire de Villeparisis - Association Villeparisis et son passé (77270)
Par villepage
EUGENE VARLIN
1839-1871
Louis Eugène Varlin, né le 5 octobre 1839 au hameau de Voisins à proximité de Claye et mort le 28 mai 1871 à Paris, est un militant socialiste, membre de la Commune de Paris et de la Première Internationale.
Eugène Varlin par Valloton
Dans la famille Varlin, on est mieux pourvu de traditions républicaines que de fortune. La chronique locale rapporte que le 13 novembre 1781, il y avait déjà un Varlin, Jean-Adrien dans la municipalité de Claye et qu’un an plus tard, il en était élu président.
Il y a 4 enfants dans la famille Varlin, et le père travaille dur comme cultivateur. Il a la passion de la connaissance et va la transmettre à son fils. D’autre part, l’instruction est peut-être un moyen d’échapper à la condition de journalier.
La loi Guizot qui prévoit pour chaque commune l’obligation d’ouvrir une école et de rémunérer un maître date seulement de 1833 et est très inégalement appliquée. De toute façon à Voisins qui n’est pas une commune, il n’y a pas d’école. Eugène va à Claye. La salle de classe est installée au rez-de-chaussée d’un ancien pigeonnier que la municipalité a acheté en 1825 à la duchesse de Polignac. Les Polignac étant de grands propriétaires dans la région. A treize ans, Eugène sait, sans doute, lire, écrire et compter. Le moment est venu de le mettre en apprentissage.
Un frère de sa mère, Hippolyte Duru est en effet installé comme relieur à Paris. Il place son neveu en apprentissage chez un confrère de la rue du Pont de Lodi. Le patron est un excellent artisan mais il rudoie ouvriers et apprentis et les nourrit chichement. Duru se décide à prendre Eugène dans son atelier, mais l’oncle est aussi dur que son confrère. Il reproche à Eugène de lire à la dérobée les livres qu’il entreprend de relier. C’est la séparation définitive en 1854.
En 1862, il s’installe comme artisan relieur à Paris. Il découvre alors Proudhon, dont il lit les œuvres. En 1857, il participe à la fondation de la société de secours mutuels des relieurs. En 1864-grève des ouvriers relieurs parisiens :
Trois revendications essentielles sont avancées :
1/réduction de 12 à 10 heures de la journée de travail
2/un salaire de 10heures égal à celui d’une journée de 11heures
3/une augmentation de 25% pour les heures supplémentaires
Il devient président de la société d'épargne de crédit mutuel des relieurs qu'il a aidée à créer (partisan de l'égalité des sexes, il y fait entrer à un poste élevé Nathalie Lemel).
rue Eugène Varlin à Villeparisis
Le 28 mars 1871, c’est la Commune.
Eugène Varlin qui, depuis toutes ces années, a milité pour la cause ouvrière, va inlassablement de barricade en barricade. Le 28 mai, Varlin vient renforcer la barricade située à l’angle de la rue du faubourg du Temple et de la rue Fontaine au roi.
Dénoncé par un prêtre au lieutenant Sicre, il est traîné sur la butte Montmartre, on l’adosse contre un mur. Il se dresse, crie « Vive la Commune », les premiers coups de feu ayant raté, il tente encore de lancer son appel, on n’entend pas la dernière syllabe. Cette fois les fusils ont fait merveille. On se partage ses dépouilles : un portefeuille,un canif, une carte de visite, un porte-monnaie. Le lieutenant Sicre lui prend sa montre.
Source : Eugène Varlin par Jean Bruhat résumé par Aline Buffet
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