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Par villepage
Visite du château de Ferrières en Brie
Le 10 avril 2010
Le château fut construit entre 1853 et 1861 pour James de Rothschild, il reste l’une des demeures les plus significatives du Second Empire.
L’architecte de Ferrières fut l’anglais Joseph Paxton, autodidacte de génie, dessinateur de jardins et de serres, auteur du Crystal Palace de Londres, disparu dans un incendie à la veille de la dernière guerre. Un français, Eugène Lami, prit en charge toute la décoration, et l’agencement de certaines pièces. Il accomplit même à cette intention un voyage en Italie, à Venise, en compagnie de l’épouse de son richissime client, la Baronne Bettina ou Betty.
C’est un quadrilatère de 65 mètres de côté, haut de deux étages, surélevé sur un soubassement à usage de vestiaires et de services, et flanqué aux angles de tours carrées. Le style est celui de la Renaissance Italienne, telle qu’on la concevait au milieu du siècle dernier. Le rez-de-chaussée est consacré dans sa majeure partie aux pièces de réception, et à l’étage, sont disposées les chambres qui prennent vue sur les magnifiques perspectives d’un parc à l’anglaise.
La lumière est partout répandue, même dans le hall central qui bénéficie d’un éclairage zénithal. Des raffinements inconnus à l’époque avaient été prévus : chauffage central et eau courante, chaude et froide, dans les chambres principales dont certaines comportaient des baignoires en argent. Les cuisines étaient situées dans un bâtiment particulier relié aux offices par un petit chemin de fer souterrain.
Le château reçut des visites mémorables, dont celle, particulièrement fastueuse, de Napoléon III en 1862, et la rencontre, au soir du 19 septembre 1870, de Bismarck et de Jules Favre, le Ministre des Affaires Etrangères de la toute jeune république française, née du désastre de Sedan. La conversation, connue dans l’Histoire sous le nom d’Entrevue de Ferrières, n’aboutit pas. Elle retarda seulement de quelques heures l’investissement de Paris. En 1940, Ferrières connut une nouvelle occupation et, cette fois-ci, ses collections prirent le chemin de l’Allemagne. Le château demeura inhabité jusqu’en 1959. Sa remise en état est l’œuvre du Baron Guy et de sa femme Marie-Hélène, qui ont légué une partie du domaine, dont le château, à la Chancellerie des Universités.
Le château est entouré d’un superbe parc paysager développant ses perspectives de part et d’autre d’une pièce d’eau aux contours sinueux. Il est planté d’essences rares et variées (cèdres bleutés, hêtres pourpres, séquoïas,..)
Photos: D.Bernal
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